Le parcours d’un parent d’enfant porteur de troubles du spectre de l’autisme (TSA) est une traversée éprouvante, mais son combat le plus déchirant se livre souvent face à l’institution scolaire et aux commissions d’orientation. Trop souvent, l’école et les structures spécialisées s’arrogent le droit de décider unilatéralement de la forme d’enseignement à suivre, imposant un cadre rigide sans considération pour le projet d’avenir construit par les familles.
Certes, l’évaluation pédagogique et les bilans médicaux apportent des éclairages techniques. Cependant, aucune grille administrative ne remplacera jamais l’expertise intime et quotidienne du parent. Le parent sait ce dont son enfant est capable, identifie ses forces réelles, ses compétences acquises et ses aspirations profondes.
Vouloir imposer une forme d’orientation contre la volonté des familles constitue une double frustration intolérable :
– Une dépossession du rôle parental, où le choix éducatif légitime est confisqué par une autorité bureaucratique.
– Une menace directe pour l’avenir de l’enfant, enfermé dans un parcours régressif qui bride son potentiel et va à l’encontre de son intérêt supérieur.
Le comble de cette violence institutionnelle réside dans le mépris des acquis et les faux-fuyants logistiques. Comment justifier qu’un jeune, ayant décroché ses diplômes et prouvé ses compétences, soit contraint de régresser et se voie refuser l’accès à sa salle de formation au motif dérisoire que « la salle est trop petite » ? Utiliser un prétexte matériel pour fermer la porte de l’apprentissage à un élève diplômé relève d’une hypocrisie intolérable et d’une exclusion déguisée.
Il est grand temps de changer de regard sur l’autisme et de cesser de ne voir que le handicap là où réside un talent immense. L’histoire et la culture contemporaine regorgent d’esprits neuroatypiques qui ont transformé le monde : du génie cinématographique de Tim Burton et Dan Aykroyd, à la virtuosité musicale de Derek Paravicini, en passant par la précision artistique phénoménale du peintre Stephen Wiltshire, capable de redessiner des métropoles entières de mémoire. Tous ont démontré que la différence de perception est une force créative majeure lorsqu’on ne cherche pas à l’étouffer.
« Quand une institution invoque l’étroitesse d’une pièce pour refuser l’accès à un élève qui a fait ses preuves, ce n’est pas la salle qui manque d’espace : c’est le regard des décideurs qui manque d’ambition, d’écoute et d’humanité. »
L’école et les commissions doivent cesser de réduire les perspectives des jeunes autistes à des contraintes de mètres carrés ou à des grilles d’inaptitude. Offrons-leur les moyens d’exprimer leur potentiel, écoutons les familles qui les guident, et accordons à ces jeunes la place légitime qu’ils ont méritée.
✍🏾 Par AISSEGNAIMON — Juriste et éditorialiste engagée pour la justice et la dignité des peuples
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Éditorial du lundi- Fasoinfos.com
