Le monde se présente aujourd’hui comme civilisé.
Nous avons des institutions internationales. Des organisations de coopération. Des sommets diplomatiques. Des traités. Des plateformes de dialogue. Des discours permanents sur les droits humains, la paix et la souveraineté des peuples.
Et pourtant…
Les guerres continuent, les interventions étrangères se multiplient, les influences militaires s’imposent, et certains peuples ont encore le sentiment que leur destin se décide ailleurs.
Au Sahel, le terrorisme a profondément bouleversé des nations entières.
Des populations vivent dans la peur. Des territoires deviennent instables. Des armées étrangères interviennent. Des intérêts géopolitiques s’affrontent discrètement.
Et au milieu de tout cela, les peuples cherchent simplement à vivre libres et en sécurité.
Une question dérange alors de plus en plus de consciences : assistons-nous à une nouvelle forme de domination moderne ?
Non plus une domination classique avec conquêtes visibles et administrations imposées, mais une influence plus stratégique, plus économique, plus militaire, et parfois plus silencieuse.
Certaines grandes puissances mondiales sont régulièrement accusées d’ingérences politiques, militaires ou économiques dans plusieurs régions du monde au nom de la sécurité, de la lutte contre le terrorisme ou de la défense d’intérêts stratégiques.
Pour leurs défenseurs, ces interventions visent à préserver la stabilité internationale.
Mais pour de nombreux peuples, elles soulèvent aussi une interrogation profonde : jusqu’où une puissance étrangère peut-elle intervenir dans le destin d’autres nations sans fragiliser leur souveraineté ?
L’Histoire nous enseigne une vérité essentielle : les États qui cherchent à imposer leur domination finissent toujours par laisser derrière eux des peuples fragilisés, des conflits durables et des blessures profondes.
Hier, les invasions se faisaient par conquêtes territoriales. Aujourd’hui, les rapports de force prennent parfois d’autres formes : présence militaire, pression économique, contrôle des ressources, influence politique ou dépendances sécuritaires.
Le plus inquiétant est peut-être cette contradiction mondiale :
Nous parlons de souveraineté, mais certaines nations restent dépendantes ;
nous parlons de paix, mais les armes circulent davantage ;
nous parlons de coopération, mais la méfiance entre peuples grandit.
Le terrorisme lui-même devient parfois le terrain où se croisent intérêts locaux, internationaux et géopolitiques complexes.
Et pendant que les puissances s’affrontent stratégiquement, ce sont souvent les populations civiles qui paient le prix : déplacements, pauvreté, instabilité, jeunesse sacrifiée, éducation détruite et avenir incertain.
« Une domination qui avance sous le langage de la sécurité reste une domination lorsqu’elle prive les peuples de leur pleine souveraineté. »
— AISSEGNAIMON
La véritable civilisation ne devrait pas être la capacité de dominer plus fort que les autres.
Elle devrait être la capacité de résoudre les conflits sans écraser les peuples.
Car une puissance qui cherche constamment à contrôler finit toujours par nourrir les tensions qu’elle prétend combattre.
Le monde moderne doit choisir : coopérer sincèrement, ou répéter les erreurs anciennes sous des formes nouvelles.
Et tous les peuples du monde méritent bien plus qu’un simple rôle de terrain stratégique dans les rivalités internationales.
Ils méritent le respect, la stabilité, la souveraineté et le droit de construire leur avenir sans ingérences destructrices.
✍🏾 Par AISSEGNAIMON — Juriste et éditorialiste engagée pour la justice et la dignité des peuples.
Fasoinfos.com- éditorial du lundi
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