Chaque matin, avant que les bureaux ne s’animent et que les rideaux de fer ne se lèvent, des millions de citoyens prennent le volant. Pour ces travailleurs, ouvriers, soignants, employés de bureau ou indépendants, la voiture n’a jamais été un signe de luxe : elle est l’outil indispensable qui relie le domicile à l’emploi, à l’école des enfants et aux obligations du quotidien.
Pourtant, devant les totems des stations-service, un sentiment amer et récurrent s’est installé. Voir défiler les chiffres sur l’écran de la pompe avec l’angoisse de dépasser son budget hebdomadaire n’est plus une exception passagère : c’est un étranglement silencieux. Quand faire le plein absorbe une part disproportionnée des revenus, le travail cesse d’offrir la sérénité nécessaire pour devenir une source d’inquiétude financière.
« Se lever tôt pour gagner sa vie ne devrait jamais coûter plus cher que ce que le labeur rapporte. » – AISSEGNAIMON
Ce choc frappe particulièrement les ménages vivant dans les périphéries et les zones sans réseau étendu de transports en commun. Sans alternative immédiate, la mobilité contrainte pèse lourdement sur les budgets les plus modestes. L’effort quotidien pour assurer son autonomie et subvenir aux besoins des siens mérite reconnaissance et considération, particulièrement en période de tensions économiques.
Face à cette réalité, la solidarité collective et les employeurs ont des leviers concrets et différenciés à mobiliser selon la nature des métiers :
Généraliser le télétravail pour les fonctions administratives : Pour tous ceux dont les tâches s’exercent sur écran et au bureau, autoriser davantage de jours de travail à distance allège instantanément la dépense en carburant et réduit la congestion sur les routes.
Organiser des navettes et du transport dédié pour les métiers de terrain : Pour les ouvriers du bâtiment, les équipes de chantier ou le personnel technique, le télétravail n’existe pas. Les entreprises et donneurs d’ordre peuvent mettre en place des systèmes de navettes collectives ou de bus d’entreprise effectuant des ramassages de proximité au plus près du domicile, tout en revalorisant les indemnités de déplacement.
Renforcer le soutien direct aux plus modestes : Des primes de transport adaptées et des groupements de covoiturage d’entreprise permettent de soulager immédiatement les portefeuilles les plus fragiles.
Prendre soin des travailleurs de terrain et adapter l’organisation du travail selon les réalités de chacun, c’est valoriser le travail et préserver le pouvoir d’achat au sein de nos communautés.
✍🏾 Par AISSEGNAIMON — Juriste et éditorialiste engagée pour la dignité humaine et le progrès social.
Éditorial du lundi- Fasoinfos.com
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