Chaque début de semaine, le constat s’impose avec une brutalité silencieuse dans le panier des ménages : le prix des denrées de base flambe, rognant sans relâche le fruit du labeur quotidien. Le mil, le maïs, le riz, l’huile ou le poisson, autrefois accessibles aux bourses les plus modestes, deviennent des denrées rationnées au sein des foyers. Ce n’est plus un simple aléa économique ou une variation de courbe de marché : c’est une crise humaine profonde qui frappe au cœur même de la dignité des familles.
L’inflation actuelle ne s’explique pas seulement par les soubresauts du commerce international. Elle est exacerbée par la spéculation sur les stocks, la dépendance chronique aux importations alimentaires et la précarité des circuits de distribution locaux. Pendant que des intermédiaires peu scrupuleux réalisent des marges exorbitantes sur le dos de la population, ce sont les mères de famille, les travailleurs modestes et les étudiants qui doivent choisir entre se nourrir dignement ou payer leur loyer.
« La véritable souveraineté d’un peuple commence dans son assiette : aucune nation ne peut se proclamer libre tant que le simple fait de nourrir ses enfants reste une angoisse quotidienne. » – AISSEGNAIMON
Face à cette urgence vitale, la résignation n’est pas une option. Protéger le pouvoir de vivre exige des décisions publiques fortes et courageuses :
L’encadrement strict et le contrôle des prix de première nécessité : Mettre un terme à la spéculation illégale en fixant des prix plafonds sur les produits essentiels et en renforçant les contrôles inopinés des stocks sur les marchés et dans les entrepôts.
Le soutien prioritaire à l’agriculture paysanne et locale : Sécuriser les producteurs locaux, leur fournir des intrants à coût maîtrisé et moderniser le stockage pour alimenter directement les villes sans dépendre du fret extérieur.
La création de circuits courts et de greniers solidaires : Organiser des points de vente directe du producteur au consommateur dans les quartiers populaires afin de court-circuiter les spéculateurs et garantir des aliments frais à prix juste.
Manger à sa faim et nourrir sa progéniture ne sont pas des privilèges, mais le droit le plus élémentaire de tout être humain. Réhabiliter le panier de la ménagère est aujourd’hui le premier devoir social et la première condition de la paix civile.
✍🏾 Par AISSEGNAIMON — Juriste et éditorialiste engagée pour la justice, le progrès social et la dignité des peuples.
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