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Coopération Chine-Afrique : le Burkina Faso plaide pour un nouvel ordre audiovisuel mondial

Le 7ᵉ Forum sur la coopération médiatique Chine-Afrique s’est tenu à Pékin le jeudi 20 août 2026, réunissant décideurs politiques, diffuseurs publics et géants technologiques chinois autour d’un même mot d’ordre : faire de l’innovation des contenus un pont entre les peuples chinois et africains.

Pour le Burkina Faso, à travers la voix du Camarade ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a saisi cette tribune pour affirmer une double ambition : défendre la souveraineté informationnelle du pays et saisir les opportunités des industries culturelles et créatives sino-africaines.

Organisé conjointement par l’Administration nationale de la radio et de la télévision de Chine (NRTA), le gouvernement municipal de Pékin et l’Union africaine de radiodiffusion (UAR), ce forum s’inscrit dans le cadre du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) et de l’« Initiative de coopération Chine-Afrique sur l’innovation en radio, télévision et audiovisuel » annoncée par le président Xi Jinping en septembre 2024. Cette édition intervenait alors que la Chine et l’Afrique célèbrent le 70ᵉ anniversaire de leurs relations diplomatiques et « l’Année des échanges humains Chine-Afrique ».
C’est dans ce cadre que le Camarade ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a pris la parole lors du sous-forum consacré à « l’innovation de contenu stimulant la coopération culturelle et les échanges entre les peuples ». D’entrée, il a tenu à transmettre les salutations du peuple burkinabè et de son chef de l’État, le Camarade Capitaine Ibrahim Traoré, avant de rappeler dans quel contexte s’exprime aujourd’hui le Burkina Faso sur la scène internationale : celui d’un pays engagé, dans tous les chantiers de souveraineté et de développement durable, en dépit des « velléités d’asservissement et de manipulation » et des « campagnes de désinformation ».

Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a détaillé les atouts du Burkina Faso dans le cadre de cette coopération sino-africaine en matière d’industries créatives. Il s’agit d’un patrimoine culturel et touristique, d’une position stratégique de carrefour et de marché au cœur de l’Afrique de l’Ouest, d’une jeunesse talentueuse, créative et ouverte aux échanges interculturels et d’un secteur audiovisuel en évolution.
Tout cela adossé à des rendez-vous culturels de portée internationale tels que la Semaine nationale de la Culture (SNC), les Universités africaines de la Communication (UACO), le Salon international du Tourisme et de l’Hôtellerie de Ouagadougou (SITHO) et surtout le Festival panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO), dont la 30ᵉ édition est annoncée du 20 au 27 mars 2027.

Le Burkina Faso se présente donc à ce forum comme un acteur disposant d’un capital culturel et humain propre à valoriser dans les échanges avec la Chine.

Le Camarade ministre a également plaidé pour plusieurs leviers de coopération notamment des coproductions sino-africaines, l’intégration des langues nationales africaines aux côtés du mandarin dans les contenus innovants, des échanges d’expertise, formations conjointes, résidences artistiques et incubateurs de projets pour faire émerger une nouvelle génération de créateurs burkinabè compétitifs à l’international.

Il a aussi insisté sur un usage encadré de l’intelligence artificielle pour la traduction, le doublage et la diffusion de contenus à condition qu’elle reste « au service de la diversité culturelle ».
Cette insistance sur la maîtrise technologique au service d’un récit propre fait écho à la place accordée par les grands acteurs chinois présents au forum (Chine Média Group, iQIYI, Huace Film et TV Group ou encore les diffuseurs publics chinois) à l’intelligence artificielle comme nouvelle infrastructure de la production médiatique, et aux ambitions africaines de faire de l’IA un outil d’émancipation plutôt que de dépendance.

Pour la délégation burkinabè, l’enjeu de ce forum dépasse la seule coopération audiovisuelle. Il s’agit de démontrer qu’un pays engagé dans un processus de reconquête de sa souveraineté peut, dans le même mouvement, s’ouvrir à des partenariats internationaux choisis, à condition qu’ils respectent ses priorités de développement, sa diversité culturelle et son droit à raconter sa propre histoire.

Service d’information du Gouvernement
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