Notre monde d’aujourd’hui fait preuve d’une intolérance parfois inimaginable.
La ségrégation raciale et le rejet de l’Autre ne sont pas des vestiges du passé ; ce sont des maux séculaires qui continuent de gangrener nos sociétés, prenant des formes multiples et d’une grande violence. Des millions d’individus vivent encore aujourd’hui le martyre de l’exclusion, de la persécution et de la discrimination, uniquement en raison de leur couleur de peau, de leur origine ou de leur statut.
Quand l’être humain finira-t-il par accepter son prochain dans toute sa diversité ?
Nous traversons une époque saturée de rejet et de haine envers l’étranger. Partout dans le monde, face aux crises sociales et politiques, la tentation est grande pour certains dirigeants d’instrumentaliser la peur et de désigner l’Autre comme le bouc émissaire de leur propre mal-gouvernance :
Aux États-Unis, la politique d’expulsions massives et les interventions musclées de la police de l’immigration (ICE) traduisent une dérive alarmante, entre profilage racial, rafles et criminalisation des familles migrantes.
En Tunisie, des vagues de violences et d’expulsions brutales ont ciblé les ressortissants subsahariens, attisées par des discours officiels stigmatisants.
En Afrique du Sud, nation pourtant libérée de l’Apartheid, il s’agit d’une xénophobie décomplexée : des explosions récurrentes de violences ciblant les ressortissants d’autres pays africains rappellent à quel point la précarité et la manipulation politique peuvent dresser les opprimés les uns contre les autres.
Pourtant, il n’existe aucun pays au monde qui vive en autarcie absolue. De tout temps et sur tous les continents, les étrangers font partie intégrante des populations civiles. Le phénomène migratoire n’est pas une anomalie : il fait partie de l’essence même de l’humanité.
Heureusement, certains États l’ont compris. L’Espagne, par exemple, prouve qu’une autre voie est possible en adoptant une politique migratoire plus souple et pragmatique, facilitant la délivrance et la régularisation de titres de séjour. En faisant le choix de la légalisation et de l’intégration plutôt que celui de la traque et du rejet, l’Espagne rappelle que la présence de l’étranger est une réalité enrichissante et inévitable.
Ce combat contre l’intolérance s’inscrit dans la lignée des luttes menées par de grandes figures historiques — de Malcolm X à Nelson Mandela, en passant par Martin Luther King. Ces leaders nous ont enseigné que la dignité humaine est une et indivisible.
Aujourd’hui, les déclarations d’intention ne suffisent plus. Il est urgent que les institutions et les cadres juridiques sanctionnent avec la plus grande fermeté chaque acte et chaque discours de haine raciale ou xénophobe. La justice doit se montrer intransigeante pour qu’enfin cette culture de la division s’éteigne et laisse place au respect de l’autre.
✍🏾 Par AISSEGNAIMON — Juriste et éditorialiste engagée pour la justice et la dignité des peuples
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