Jamais aussi connectés, jamais aussi seuls.
La modernité nous a offert la communication instantanée, les réseaux sociaux, la mobilité permanente.
Pourtant, un malaise silencieux progresse : la solitude.
Elle ne crie pas.
Mais elle fragilise.
De plus en plus, on observe un phénomène révélateur : certains préfèrent la compagnie exclusive d’un animal à celle d’un être humain. On entend souvent :
« Je n’ai pas d’enfant, pas de conjoint, mais j’ai un chat. »
« Mes deux chiens me suffisent. »
Avoir un animal de compagnie est une richesse affective.
Il apporte présence, fidélité, réconfort. Il ne s’agit pas de juger.
Mais lorsque l’animal devient un substitut durable au lien humain, la question mérite d’être posée :
sommes-nous déçus des relations humaines ?
fatigués de l’engagement qu’elles exigent ?
ou simplement désorientés face à la complexité des liens ?
Un animal rassure. Il ne contredit pas. Il ne remet pas en question.
Les relations humaines, elles, demandent dialogue, patience, compromis et maturité émotionnelle.
Elles exposent à la déception, mais aussi à la construction.
Parallèlement, les ruptures familiales se multiplient.
Des enfants ne parlent plus à leurs parents pendant des années.
Des familles restent divisées sans tentative de réconciliation.
La construction d’un foyer est parfois perçue comme une contrainte plutôt qu’un projet.
Quand les liens familiaux s’affaiblissent, le socle social se fissure.
La solitude moderne n’est pas seulement un choix individuel.
Elle peut devenir un déséquilibre collectif.
L’isolement prolongé fragilise l’équilibre psychologique. Il nourrit l’anxiété, la dépression, parfois même des comportements agressifs. Une société composée d’individus isolés devient une société vulnérable.
Un animal peut consoler.
Mais il ne peut remplacer la parole humaine, le conseil, la confrontation constructive, le soutien moral et intellectuel.
Alors que faire ?
La réponse commence dès l’éducation de base.
Dès l’école primaire, il est essentiel d’enseigner la valeur des liens humains :
le respect des parents, l’importance de la famille, la solidarité, la gestion des conflits, l’intelligence émotionnelle.
Il ne s’agit pas d’imposer un modèle unique de vie.
Mais de rappeler que la construction d’un foyer, d’un cercle affectif stable, contribue à l’équilibre mental et social.
Les adolescents doivent comprendre que les relations exigent effort et patience.
Que le dialogue vaut mieux que la rupture.
Que les liens familiaux ne sont pas accessoires : ils sont structurants.
Les politiques publiques peuvent également encourager :
– des espaces de dialogue intergénérationnel,
– un accompagnement psychologique accessible,
– des programmes éducatifs centrés sur le lien social.
On ne combat pas la solitude par la technologie.
On la combat par la relation.
Une société forte n’est pas seulement innovante ou prospère.
Elle est capable de transmettre, d’unir et de réparer.
La solitude moderne est un mal silencieux.
Mais elle peut être contenue si l’on choisit de réhabiliter ce qui nous rend profondément humains : le lien.
Une société qui perd le sens du lien finit toujours par perdre le sens d’elle-même.
✍🏾 Par AISSEGNAIMON — Juriste et éditorialiste engagée pour la justice et la dignité des peuples.
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