La science progresse.
La médecine innove.
Les outils de diagnostic se perfectionnent.
Et pourtant, l’autisme demeure entouré de nombreuses zones d’ombre.
Jamais autant d’enfants n’ont été diagnostiqués autistes, alors même que la recherche médicale n’a jamais été aussi avancée. Cette réalité interroge, inquiète et mérite mieux que des certitudes définitives ou des silences embarrassés.
L’autisme est aujourd’hui reconnu comme un trouble du neurodéveloppement aux causes multiples et encore mal comprises. Les chercheurs évoquent des facteurs génétiques, environnementaux et biologiques.
Mais malgré des décennies d’études, aucune cause unique et certaine n’a été établie.
C’est là que commence le malaise.
On entend souvent cette phrase, présentée comme une vérité absolue :
« On ne sort pas de l’autisme. »
Pour de nombreuses familles, ces mots résonnent comme une condamnation, fermant toute perspective d’évolution. Or, la réalité est plus nuancée.
Il n’existe pas un autisme, mais des autismes, avec des trajectoires très différentes. Certaines personnalités ont publiquement assumé leur autisme, comme Temple Grandin, scientifique reconnue, Greta Thunberg, militante internationale, ou encore Anthony Hopkins, acteur oscarisé diagnostiqué tardivement. Leurs parcours démontrent qu’un diagnostic d’autisme n’empêche ni l’intelligence, ni la créativité, ni l’autonomie.
Par ailleurs, la recherche scientifique a documenté des cas d’enfants diagnostiqués autistes très jeunes qui, grâce à un accompagnement précoce, intensif et adapté, ne répondent plus aux critères diagnostiques à l’adolescence.
Les travaux parlent d’« évolution optimale », et non de guérison, soulignant que certains enfants peuvent développer des compétences sociales, communicationnelles et adaptatives suffisantes pour sortir du cadre clinique initial.
Reconnaître ces évolutions ne signifie ni nier l’autisme, ni promettre des miracles.
Cela signifie refuser le fatalisme.
Face aux incertitudes persistantes, certaines recherches menées en Belgique montrent qu’il est possible d’avancer sans dogme, en croisant rigueur scientifique et réalités vécues par les familles.
En Belgique, plusieurs équipes universitaires travaillent activement sur les troubles du spectre de l’autisme.
À l’Université libre de Bruxelles, le centre ACTE (Autisme en Contexte : Théorie et Expérience) étudie notamment la communication, le langage et les trajectoires développementales, en lien étroit avec les familles.
À la KU Leuven, des chercheurs analysent l’autisme tout au long de la vie et évaluent des interventions fondées sur des données scientifiques.
Ces travaux ne prétendent pas apporter de réponses simplistes, mais contribuent à mieux comprendre la diversité des profils autistiques et à améliorer l’accompagnement des enfants et de leurs proches.
🛡️ Prévention : informer sans culpabiliser
Parler de l’autisme sans évoquer la prévention serait incomplet.
Non pas une prévention culpabilisante ou simpliste, mais une prévention fondée sur l’information, la prudence et la santé publique.
Aujourd’hui, la science explore de plus en plus les facteurs environnementaux susceptibles d’influencer le développement neurologique : exposition à certains polluants, perturbateurs endocriniens, conditions de grossesse, stress chronique, qualité du suivi prénatal.
Ces pistes ne désignent pas des coupables, mais rappellent une évidence : le cerveau en développement est sensible à son environnement.
Prévenir, ce n’est pas affirmer des causes définitives.
C’est informer les familles, renforcer le suivi médical, encourager la recherche indépendante et appliquer le principe de précaution lorsque des doutes sérieux existent.
La prévention passe aussi par le dépistage précoce, l’écoute des parents, la formation des professionnels de santé et de l’éducation.
Plus un accompagnement commence tôt, plus les chances d’évolution favorable augmentent pour certains enfants.
Refuser de parler de prévention par peur de polémique serait une erreur.
La prévention n’est ni une accusation, ni une promesse de guérison.
Elle est un acte de responsabilité collective envers les générations futures.
La science n’est pas figée.
Elle avance, elle observe, elle corrige ses certitudes au contact du réel.
Et les familles ont besoin d’un discours honnête, rigoureux, mais porteur d’un espoir lucide — pas de verdicts définitifs qui ferment toute perspective.
L’autisme ne doit ni être un tabou scientifique, ni un terrain de confrontation idéologique ou économique.
Il mérite une recherche indépendante, transparente, centrée sur l’intérêt de l’enfant et la dignité des familles.
Derrière chaque diagnostic, il y a un enfant.
Et derrière chaque enfant, un potentiel qui ne demande qu’à être compris, accompagné et respecté.
✍🏾 Par AISSEGNAIMON — Juriste et éditorialiste engagée pour la justice et la dignité des peuples.
#Autisme #Recherche #Prévention #DignitéHumaine #SantéPublique #Fasoinfos.com




