mercredi, mars 18, 2026
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1ère session des assises criminelles au TGI de Fada N’Gourma : Deux dossiers emblématiques inscrits au rôle

Suite aux réformes opérées en 2025, ayant conduit à la création de chambres criminelles au sein des juridictions de premier degré, le Tribunal de grande instance (TGI) de Fada N’Gourma tient, du  16 au 20 mars 2026, des assises criminelles. Pour la première session de ces audiences exceptionnelles, deux dossiers majeurs sur des faits d’assassinats et de destruction de biens sont examinés. Le premier concerne les violents affrontements survenus en 2022 à Piela, consécutifs à une crise de chefferie. Ces heurts armés avaient entraîné la mort de six personnes, ainsi que d’importants dégâts matériels, dont des commerces incendiés. Quinze accusés devront répondre de leurs actes devant la barre, en présence d’une trentaine de victimes et de nombreux témoins. Le second dossier porte sur des faits d’assassinat commis la même année à Louargou, dans la commune de Diapangou. Là également, les circonstances du drame et les motivations des auteurs présumés seront au cœur des débats. Pour le procureur du Faso près le TGI de Fada N’Gourma, Salam Ouédraogo, cette session revêt une importance particulière. « Il s’agit d’une première du genre. Au regard des enjeux, il était impératif d’organiser ces assises spéciales afin de permettre à la justice de se prononcer sur des affaires qui ont profondément marqué les populations », a-t-il indiqué, précisant que les faits dans les deux dossiers n’ont pas de lien avec la situation sécuritaire.

Pour le procureur du Faso près le TGI de Fada N’Gourma, Salam Ouédraogo, l’objectif fondamental demeure la manifestation de la vérité et la réparation des préjudices subis.

 

 

 

« Situer les responsabilités »

Selon lui, l’objectif fondamental demeure la manifestation de la vérité et la réparation des préjudices subis. «Depuis 2022, les victimes attendent que justice leur soit rendue. Il est temps de situer les responsabilités et de réparer les torts », a-t-il souligné. Dans une salle d’audience comble, témoignant de l’intérêt et des attentes des populations de Piela et de Louargou, les débats s’annoncent intenses. Entre accusés, victimes et témoins, tous espèrent voir jaillir la vérité sur ces événements tragiques.

Les débats ont lieu dans une salle d’audience comble, témoignant de l’intérêt et des attentes des populations de Piela et de Louargou.

 

Par ailleurs, le procureur a insisté sur la nécessité de juger les crimes dans des délais raisonnables. « Des procédures de cette nature ne devraient pas s’étendre sur plusieurs années. Désormais, les crimes seront traités avec diligence, sauf cas de complexité exceptionnelle », a-t-il assuré. Au-delà de la répression et de  la réparation, ces assises visent également à restaurer la cohésion sociale mise à mal par ces drames. « Tant que les responsabilités ne sont pas établies, le vivre-ensemble reste fragilisé. On a donc intérêt à ce qu’après le jugement il y ait un retour au calme et à la cohésion parce que la justice aura été rendue», a-t-il ajouté. Rappelant la gravité des faits en cause, Salam Ouédraogo a précisé que les peines encourues relèvent des plus lourdes prévues par le code pénal, pouvant aller jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité.

Joanny SOW

Sidwaya 

FASOINFOS.COM 

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