Le plus grand danger de notre époque n’est pas la crise, mais l’habitude.
Nous nous sommes habitués à l’injustice, à l’inégalité, à la souffrance lointaine , parfois même à celle qui frappe à nos portes.
Ce qui choquait hier ne scandalise plus aujourd’hui. L’inacceptable s’est installé, doucement, comme une norme.
On justifie l’injustifiable au nom de la stabilité.
On tolère l’intolérable au nom des intérêts.
On ferme les yeux au nom du réalisme politique.
Pendant ce temps, la dignité humaine recule.
Les peuples paient le prix des décisions prises sans eux, pour eux, et souvent contre eux.
La loi protège mieux les puissants que les vulnérables.
La parole publique promet, puis se dérobe.
Et l’on s’étonne de la colère, de la défiance, du désespoir.
Mais ce qui détruit une société, ce n’est pas seulement l’abus de pouvoir.
C’est l’acceptation silencieuse de cet abus.
Une démocratie ne meurt pas d’un coup.
Elle s’éteint quand l’indignation disparaît, quand la conscience s’endort, quand l’injustice devient banale.
À force de tout expliquer, on finit par tout excuser.
Il est temps de rompre avec cette normalisation.
Refuser l’inacceptable, ce n’est pas être radical : c’est être responsable.
Exiger des comptes, ce n’est pas troubler l’ordre : c’est défendre la justice.
La paix, la vraie, ne naîtra ni du silence ni de la peur.
Elle naîtra du courage moral, du respect de la vie humaine et d’un partage plus juste des ressources et du pouvoir.
Un monde qui s’habitue à l’injustice prépare ses propres fractures.
Un peuple qui refuse l’inacceptable protège son avenir.
✍🏾 Par AISSEGNAIMON — Juriste et éditorialiste engagée pour la justice et la dignité des peuples.
Éditorial du lundi- Fasoinfos.com




