Les rideaux sont tombés, ce vendredi 27 mars 2026 à Ouagadougou, sur la première édition du Forum national sur le financement de la santé (FONAFIS), consacrant un nouveau cap pour le système sanitaire burkinabè, désormais résolument orienté vers la souveraineté, l’équité et la performance.
Présidant la cérémonie de clôture au nom du Chef de l’État, le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a salué « un moment de vérité » qui aura permis, en 72 heures d’intenses travaux, de passer des interrogations aux solutions concrètes. « Nous marquons un nouveau départ vers un système de santé efficient, équitable et véritablement souverain », a-t-il déclaré.
Dans son adresse, le Chef du Gouvernement a insisté sur la nécessité de considérer la santé non plus comme une charge, mais comme un investissement stratégique pour le développement national. Il a, à cet effet, décliné une série de réformes structurantes, parmi lesquelles : la digitalisation intégrale de la chaîne des dépenses de santé ; l’augmentation progressive des ressources allouées au secteur ; la mise en place d’un panier commun de financement ; l’alignement effectif des partenaires sur les priorités nationales ; l’accélération de la couverture sanitaire universelle ; le développement de la production locale de médicaments et la création d’un mécanisme rigoureux de suivi des recommandations. Il a également engagé le ministre de la Santé d’assurer une mise en œuvre diligente et coordonnée des conclusions du forum.
Pour le ministre de la Santé, Dr Robert Kargougou, cette première édition est « un franc succès », marqué par la participation de plus de 600 acteurs et une forte présence internationale, avec une dizaine de délégations et plusieurs ministres africains de la Santé. « Nous passons d’un alignement théorique à un alignement pratique des partenaires sur les priorités nationales », a-t-il souligné, mettant en avant des avancées majeures comme la digitalisation du système, la mise en place d’un tableau de bord de suivi et l’unification de la chaîne d’approvisionnement en produits de santé.
Au nom des pays invités, le ministre nigérien de la Santé, le Colonel-major Garba Hakimi, a salué une initiative « inspirante » dans un contexte où les systèmes de santé africains restent confrontés à de nombreux défis structurels, notamment le sous-financement chronique. Il a rappelé que la moyenne des dépenses publiques de santé en Afrique subsaharienne reste inférieure à 10 %, tout en félicitant le Burkina Faso pour l’allocation de 12 % de son budget au secteur. Il a appelé à une mobilisation accrue des ressources domestiques, au développement de financements innovants et à un renforcement des partenariats publics-privés.
Au terme des travaux, les participants ont adopté une déclaration articulée autour de trois axes majeurs : politique, technique et institutionnel. Ils y réaffirment que la souveraineté sanitaire constitue un fondement du développement et s’engagent à renforcer les budgets de santé, garantir l’alignement de l’aide internationale, promouvoir le rôle du secteur privé, accélérer la digitalisation et la transparence, et renforcer la participation citoyenne.
Le forum a également acté son institutionnalisation avec une périodicité biennale, la prochaine édition étant prévue en mars 2028. Au-delà des engagements, le FONAFIS 2026 marque une inflexion majeure dans la gouvernance du secteur de la santé. Il pose les bases d’un modèle fondé sur les ressources endogènes, la responsabilité collective et la solidarité nationale.
En refermant les travaux, le Premier ministre a lancé un appel à l’action : transformer sans délai les recommandations en résultats concrets pour les populations. Un message fort ressort de Ouagadougou : financer la santé, c’est choisir la souveraineté et investir dans l’avenir.
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