lundi, janvier 19, 2026
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⚖️ ÉDITORIAL: Quand le monde avance sans conscience

Le monde va vite.
Mais il ne sait plus toujours où il va.

Quand la technologie avance plus vite que l’éthique, le monde se déséquilibre.

Quand l’économie prospère mais que des peuples s’appauvrissent, quelque chose ne va pas.

Quand les décisions se prennent au nom de l’efficacité, mais au détriment de la dignité humaine, le malaise s’installe.

Il ne s’agit pas d’accuser, mais de constater :
le progrès n’a de sens que s’il sert la vie,
le développement n’a de valeur que s’il respecte l’humain.

La technologie progresse, les marchés s’étendent, les discours se multiplient.

Pourtant, partout, le même malaise s’installe : une impression diffuse que l’humanité avance sans boussole morale. On décide, on exploite, on consomme, souvent sans mesurer le coût humain des choix effectués.

La vie humaine semble de plus en plus subordonnée aux intérêts économiques, géopolitiques ou stratégiques.

Ce qui devrait être protégé devient négociable.

Ce qui devrait être sacré devient variable d’ajustement. Et l’on s’étonne ensuite de la colère des peuples, de la défiance généralisée, du repli et de la violence.
Le monde ne manque ni de lois ni d’institutions.
Il manque de conscience.
Car le problème n’est pas l’absence de règles, mais leur application sélective.

Les principes sont invoqués quand ils servent, oubliés quand ils dérangent. La justice devient relative, la vérité modulable, la responsabilité diluée.
Cette dérive n’est pas inévitable.
Elle est le résultat de choix répétés : choisir l’efficacité plutôt que l’éthique, le profit plutôt que la dignité, la force plutôt que le dialogue.

Pourtant, aucune stabilité durable ne peut se construire sur l’injustice. Aucun progrès réel ne peut naître du mépris de l’humain. Un monde qui avance sans conscience prépare ses propres fractures.

Réintroduire la conscience dans les décisions collectives, ce n’est pas faire preuve de naïveté.
C’est faire preuve de lucidité.

La paix, la justice et la dignité ne sont pas des obstacles au développement. Elles en sont la condition.

Tant que l’humain restera secondaire, le monde continuera d’avancer… mais à contre-sens.

✍🏾 Par AISSEGNAIMON — Juriste et éditorialiste engagée pour la justice et la dignité des peuples.

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